Le Blog de Serge Toussaint

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Tag - Histoire-Sagesse

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mardi 27 juillet 2010

La Sagesse et la folie

La sagesse et la folie observent le monde et échangent leur point de vue.

— Vois, dit la folie, malgré tous les efforts que tu fais pour inspirer les hommes, ils sont de plus en plus fous : fous de pouvoir, fous de domination, fous de célébrité, fou de richesse, et même fous de Dieu.

— Mais j’en vois qui sont plutôt sages !

 — Ce n’est qu’une question de temps. Eux aussi finiront par succomber à mon emprise.

— Tu te trompes. Ce sont ceux que tu dis être fous qui finiront par être sages. Qu’en sais-tu ?

— Folie tu es ; sagesse je suis !

Le thé contre l'épée

Dans l’antique Chine, un domestique laissa tomber une goutte de thé sur le soldat qu’il servait. Confus, il s’excusa, mais le soldat était vexé :

  • Demain, tu viendras te mesurer à moi. Je te donnerai une arme et on verra si tu es aussi doué avec l’épée qu’avec le thé !

Le domestique n’avait aucune expérience du combat. Il alla demander conseil à un ami, le maître Ketaïo. Ce dernier l’observait alors qu’il servait le thé. Il remarqua son front parfaitement lisse, et l’intense concentration qui se dégageait de son visage alors qu’il faisait couler un mince filet de thé dans les bols, sans qu’aucune goutte ne tombe à côté.

  • Demain, lui dit Ketaïo, tu devras tenir ton sabre au-dessus de ta tête, comme si tu étais prêt à frapper le soldat. Regarde-le bien en face, avec cette détermination et ce calme que tu as lorsque tu me sers le thé.

Le lendemain, au petit matin, le domestique suivit les conseils du maître. Le soldat était prêt à combattre, mais il se tint sur ses gardes : il observait le domestique, stable sur ses appuis et serein. Il le regarda dans les yeux et, après un long moment, abaissa son arme, s’excusa pour son arrogance, et quitta les lieux sans se retourner.

Histoire zen

La divinité de l’homme

Une vieille légende hindoue rapporte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le Maître des dieux, décida de la leur ôter et de la cacher en un endroit où il leur serait impossible de la retrouver. Le grand problème fut de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci :

  • Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.

Mais Brahma répondit :

  • Non, cela ne suffira pas, car l’homme creusera le sol et la trouvera.

Alors les dieux répliquèrent :

  • Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.

Mais Brahma répondit à nouveau :

  • Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs des océans, et il finira par la trouver.

Alors les dieux mineurs conclurent :

  • Nous ne savons pas où cacher la divinité de l’homme, car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit qu’il ne puisse atteindre un jour.

Alors Brahma dit :

  • Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.

Légende hindoue

jeudi 15 juillet 2010

Croire ou ne pas croire

« Un athée discute avec un croyant :

  • – Moi, dit le premier, je ne crois que ce que je vois. Et je n’ai jamais vu Dieu, ni rien d’autre de soi-disant spirituel.
  • – Et bien moi, dit le second, je n’ai jamais vu l’ombre d’une pensée, d’une émotion ou d’un sentiment. Et vous ?»

Ceux qui savent…

« Nasreddin Hodja, au cours d’un sermon, demanda à l’assemblée :

  • Savez-vous quel est le sujet de mon sermon d’aujourd’hui ?
  • – Non, nous ne savons pas.
  • Puisque vous ne savez pas, que voulez-vous que je vous dise ? Puis il descendit de sa chaire.

La semaine suivante, il posa la même question. Cette fois, l’assemblée répondit :

  • Oui, nous savons
  • Alors, dans ce cas, je n’ai rien à vous dire. 

À la sortie de la mosquée, les hommes se rassemblèrent et décidèrent que la semaine suivante, si on posait la même question, la moitié répondrai oui, l’autre non. 

La semaine suivante, Nasreddin Hodja posa à nouveau la question. Certains dirent oui, d’autres non. 

  • Puisque c’est ainsi, que ceux qui savent apprennent à ceux qui ne savent pas… »

Brahma et Brahma

« Un yogi indien est assis en méditation au milieu d’un petit chemin, quand tout à coup, dans un vacarme assourdissant et au milieu de barrissements effrayants, un éléphant en furie se dirige vers lui.

Sauvez-vous ! lui crie le cornac. Mon éléphant s’est échappé et il est furieux.

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mercredi 7 juillet 2010

Un éléphant

« Des Indous avaient amené un éléphant ; ils l'exhibèrent dans une maison obscure. Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir.

Ne pouvant le voir des yeux, elles le tâtèrent de la main. L’une posa la main sur sa trompe ; elle dit : Cette créature est tel un tuyau d'eau.

L'autre lui toucha l'oreille: elle lui apparut semblable à un éventail.

Lui ayant saisi la jambe, une autre déclara : C'est un pilier.

Après lui avoir posé la main sur le dos, une autre dit : En vérité, c'est un trône.

De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il se l’imaginait d'après la partie qui avait été touchée.

Si chacun avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas autant différé. »

Rûmi

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La baignoire de Nasrudin

« Nasrudin avait acheté une baignoire et l’avait installée dans son jardin au bas duquel coulait une rivière. Un de ses amis le trouva en train d’aller chercher frénétiquement de l’eau à la rivière pour remplir la baignoire qui, par ailleurs, n’étant pas bouchée, se vidait par le fond.

Nasrudin, ne vois-tu pas que la baignoire n’est pas bouchée et que l’eau s’écoule dans la poussière ? Pourquoi gâcher ainsi cette eau ?

C’est que je veux remplir la baignoire, dit Nasrudin, en continuant ses allées et venues frénétiques vers la rivière.

Bientôt, la baignoire déborda, car Nasrudin la remplissait plus vite qu’elle ne se vidait. Pourtant, ce dernier alla chercher un nouveau sceau d’eau qu’il jeta sur la baignoire déjà pleine. Celle-ci déborda sur ses pieds et éclaboussa son ami.

Hé Nasrudin ? Ne vois-tu pas que la baignoire déborde et que je suis trempé par ta faute ?

Et toi, rends-toi compte ! Si je ne vois pas que l’eau s’écoule par le bas, comment pourrais-je voir que la baignoire déborde par le haut ? »

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Deux moines

« Deux moines pèlerins arrivèrent dans une ville où une femme attendait qu’on l’aide à descendre de sa chaise à porteurs. La pluie avait laissé des flaques très profondes, et la femme ne pouvait les traverser sans salir sa robe. Elle était immobile, l’air impatient, très en colère, et grondait ses serviteurs. Ne sachant pas où poser les paquets qu’ils portaient pour elle, ils ne pouvaient l’aider à franchir les flaques.

Le plus jeune moine remarqua la femme, ne dit rien, et poursuivit son chemin. Le plus vieux la souleva d’un seul geste, la jucha sur son dos, lui fit traverser l’eau et la déposa de l’autre côté. Après quoi, sans un mot de remerciement pour le vieux moine, la femme se contenta de le renvoyer puis tourna les talons.

Comme les deux moines avaient repris leur marche, le plus jeune, l’air préoccupé, ruminait cette histoire. Au bout de plusieurs heures, incapable de garder le silence plus longtemps, il éclata :

    – Cette femme, tout à l’heure, a été très égoïste et grossière. Tu l’as prise sur les épaules pour l’aider à traverser l’eau et, en retour, elle ne t’a même pas remercié !

    – J’ai porté cette femme il y a deux heures, répondit le vieux moine. Pourquoi, toi, continues-tu à la porter ainsi ? »

 

Histoire zen

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Le paradis et l'enfer

« Un samouraï se présenta devant le maître zen Hakuin et lui demanda :

   – Y a-t-il réellement un paradis et un enfer ?

   – Qui es-tu ? demanda le maître.

   – Je suis un samouraï…

   – Toi, un guerrier ? s’exclama Hakuin. Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t’avoir à son service ? Tu as l’air d’un mendiant.

La colère s’empara du samouraï. Il saisit son sabre et le dégaina. Hakuin poursuivit :

  – Ah bon, tu as même un sabre ? Mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête.

Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prêt à frapper le maître. À ce moment, celui-ci dit :

  – Ici s’ouvrent les portes de l’enfer.

Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina son sabre et s’inclina.

  – Ici s’ouvrent les portes du paradis, lui dit alors le maître. »

Rûmi

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